Puisard, puits perdu, puits d'infiltration : de quoi parle-t-on ?
Un puisard, souvent appelé puits perdu, est une fosse enterrée remplie de cailloux ou constituée d'anneaux en béton percés, dans laquelle l'eau est envoyée pour s'infiltrer peu à peu dans le sol. Il reçoit en principe les eaux de pluie : gouttières, cour, descente de garage. Dans une installation d'assainissement non collectif, un ouvrage d'infiltration peut aussi recevoir des eaux usées, mais seulement après traitement par la filière et avec l'accord du service public d'assainissement non collectif (SPANC). Envoyer des eaux usées brutes (WC, cuisine, salle de bains) dans un puisard n'est pas autorisé et le colmate très vite.
Pourquoi un puisard finit par saturer
- Les dépôts : feuilles, mousses de toiture, sable, terre de la cour et granulés de tuiles se déposent au fond et forment une couche de boue qui rend le fond étanche.
- Le colmatage des parois : les particules fines bouchent peu à peu les interstices des cailloux ou les trous des buses ; l'eau ne s'infiltre plus que lentement.
- Les racines : un puisard est une source d'humidité permanente ; les arbres proches y envoient leurs racines, qui encombrent la fosse et la canalisation d'arrivée.
- Un mauvais raccordement : une évacuation d'eaux usées reliée par erreur au puisard (machine à laver, évier de buanderie) y apporte graisses et lessives qui le colmatent en quelques années.
- Un sous-dimensionnement : une extension de toiture ou une cour bétonnée raccordée après coup envoie plus d'eau que l'ouvrage n'a été prévu pour en absorber.
Les signes qui doivent alerter
- L'eau reste visible dans le regard du puisard plusieurs heures, voire plusieurs jours après la pluie.
- Les gouttières débordent ou les descentes refoulent au pied du mur lors des grosses averses.
- Une flaque persistante apparaît au-dessus du puisard ou le long de la canalisation qui y mène.
- Des traces d'humidité apparaissent sur un mur de sous-sol proche, après chaque épisode pluvieux.
- Une odeur de vase ou d'égout sort du regard : signe d'un dépôt organique important ou d'un raccordement d'eaux usées.
L'entretien préventif, étape par étape
- Nettoyer les gouttières à l'automne et au printemps : c'est en amont que l'on arrête l'essentiel des feuilles et des mousses. Une crapaudine (grille en dôme) en tête de chaque descente évite qu'elles ne descendent (voir entretien des gouttières et descentes).
- Vider les regards de pied de chute : leur fond sert de piège à sable. Retirez les dépôts à la main ou à la pelle une à deux fois par an, avant qu'ils ne partent vers le puisard.
- Garder la grille de la cour ou de la descente de garage propre : un caniveau encombré envoie terre et gravillons directement dans l'ouvrage (voir entretien du caniveau de garage).
- Ouvrir le regard du puisard après une forte pluie : si l'eau a disparu en quelques heures, tout va bien ; si elle stagne encore le lendemain, c'est le moment de faire pomper les boues, avant la saturation complète.
- Faire pomper et curer le puisard tous les trois à cinq ans environ, plus souvent sous de grands arbres ou si la cour apporte beaucoup de sable. Le pompage retire la boue du fond et rend à l'ouvrage une partie de sa capacité d'infiltration.
- Vérifier qu'aucune eau usée n'y arrive : un simple test au colorant dans l'évier de buanderie ou la machine à laver permet de s'en assurer. Si c'est le cas, l'évacuation doit être reprise vers le réseau d'eaux usées ou la filière d'assainissement.
- Ne pas planter d'arbre à moins de quelques mètres du puisard et de sa canalisation d'arrivée ; surveiller les racines des arbres existants (voir racines et canalisations).
Quand faire appel à un professionnel
Si l'eau stagne durablement malgré des regards propres, le puisard doit être pompé et la canalisation d'arrivée curée. MR DEGO vide les puisards (pompage dès 300 €, jusqu'à 3 m³, bordereau de suivi des déchets remis), cure les canalisations d'arrivée (39 € le mètre) et dégage les racines par hydrocurage haute pression (249 €). Une inspection caméra (199 €) permet de vérifier l'état de la canalisation et de repérer un raccordement d'eaux usées. Si le fond reste imperméable après pompage, l'ouvrage est en fin de vie : nous vous l'indiquons franchement plutôt que de multiplier les vidanges inutiles.
En résumé : des gouttières et des regards propres, aucune eau usée raccordée, un coup d'œil dans le regard après les grosses pluies et un pompage tous les trois à cinq ans. C'est ce qui sépare un puisard qui dure des décennies d'un puisard saturé en quelques années.
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